La Fenice en Allemagne

19 juillet 2009: Schwäbisch-Gmünd (Baden-Württenberg), Festival Europäische Kirchenmusik, Kloster Lorch, 17h
Coeli et terra: Le céleste et les éléments terrestres dans l'Italie du Seicento

Le Ciel, la terre et les éléments ont été une des sources majeures d'inspiration pour les artistes de la Renaissance et du 1er baroque, pour qui l'imitation de la nature fit partie intégrante du renouveau humaniste.
Avec les saisons et les tempéraments humains, les 4 éléments forment la doctrine des correspondances entre microcosme et macrocosme, c'est à dire la croyance en la profonde analogie entre l'homme et l'univers dans son entité.
Ainsi, l'eau correspond à l'hiver (humide - froid) et à l'humeur flegmatique ; le feu à l'été (sec - froid) et à l'humeur mélancolique ; l'air au printemps (humide - chaud) et au tempérament sanguin.
Dans le domaine musical, Claudio Monteverdi revendique dans sa préface de madrigaux « guerriers et amoureux » la paternité du « stile concitato » propre à exprimer le colérique et le sanguin, là où la musique de la génération précédente se cantonnait au « stile molle e temperato » (mélancolique - flegmatique).
« Réceptacle de tous les êtres vivants », la terre a pour racine latine (humus) la même étymologie que l'homme (homo), étant considérée comme « mère primordiale de la vie ». Associée dans la bible au chaos et au péché originel, elle est revalorisée à la Renaissance qui l'associe à la mère - église (« sur cette pierre j'édifierai mon église »), et la représente par l'allégorie des éléments, dans sa fonction de nourricière universelle.
Symbole d'une dimension lointaine à la terre et inaccessible à l'homme, le ciel représente la conscience, supérieure à la dimension sensuelle et terrestre. Dans la mythologie, il est peuplé d'une multitude de divinités, qui communiquent avec la terre au moyen de signes annonciateurs déterminés. Le temps météorologique notamment, qui représente la vie interne de la nature, est tenu pour dépendre des volontés et autres caprices divins...
Le Christianisme remplacera les dieux païens par les anges et archanges, à chacun desquels est assignée une sphère planétaire (« Le firmament chrétien » de l'«harmonia macrocosmica »). Le ciel devient alors « la demeure de Dieu, des anges et des bienheureux » dont le Paradis constitue le royaume.
Etymologiquement « jardin entouré d'un mur », celui-ci est situé dans l'Empyrée, au-delà des sphères célestes. La Renaissance le représente comme un jardin luxuriant, où l'on cultive les plaisirs terrestres empreints de spiritualité, dont le chant, la musique et la danse.


« Io viddi in terra angelici costumi, e celeste bellezze al mondo sole... Canzon, tu non m'acqueti, anzi m'infiammi ! »


Distribution
Soprano: Claire Lefillâtre
Basse: Arnaud Richard
Cornet: Jean Tubéry
Violon: José Manuel Navarro
Théorbe: Juan Sebastian Lima
Orgue et Clavecin: Jean-Marc Aymes 
Viole de gambe et Lirone: Lucas Guimaraes Perez