Basilica Festival de Tongres (Belgique) ...

Un Camino de Santiago
Concert à 20h30 le 6 juin 2009 à la Basilique Notre Dame de Tongres

Distribution:
Arianna Savall
soprano et harpe

Ensemble La Fenice
Jean Tubéry : cornets, flûtes à bec, percussion et chant
Martin Bauer : viole de gambe, flûtes à bec et chant
Juan Sebastian Lima : théorbe, guitare et chant
Michael Hell : orgue, clavecin, flûtes à bec et chant

Direction, Jean Tubéry


Un peu d'histoire...
Les pèlerinages furent jadis une source majeure d’inspiration musicale. Ils influencèrent principalement le chant populaire religieux, mais également l’écriture savante.
Les peuples de l’Europe qui faisaient le chemin de Saint Jacques se mettaient en route vers une terre lointaine, ils se divertissaient et exaltaient leur foi en musique pendant les longues étapes de leur périple et les veillées nocturnes. Les pèlerinages furent ainsi l’occasion d’échanges enrichissants entre voyageurs et avec les habitants des régions traversées.
Les pèlerins français témoignent par exemple dans l’une de leurs romances les plus connues, de la grande curiosité et de la vive attention que leurs chansons suscitaient :   
« Les hommes, femmes et filles
de toutes parts nous suivoient
Pour entendre la mélodie
De ces bons pèlerins françois. »
La littérature classique espagnole contient également beaucoup d’allusions aux chants des pèlerins surtout lorsqu’il s’agit de mendiants. Cervantès écrit ainsi dans El Ingenioso Hidalgo, Don Quijote de la Mancha : « Je vis six pèlerins avec des bourdons, de ces étrangers qui demandent la charité en chantant » ; Lopez de Ubeda, l’auteur de la Picara Justina, mentionne ceux qui « braillaient comme des mendiants bourguignons ».
Quant à l’influence des chants des populations espagnoles exercée sur les pèlerins, elle est clairement attestée par les nombreux thèmes hispaniques et par les mélodies qui se sont conservées dans les divers pays européens.
Par malheur et à quelques exceptions (comme le Codex Calixtinus de la Cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle copié au XIIème siècle et dans lequel sont conservés plusieurs exemplaires de chants médiévaux de pèlerinage), les premières musiques des pèlerins de Saint Jacques se sont presque toutes perdues.
Les témoignages écrits sont plus nombreux à partir du XVIème siècle. Ils ont été recueillis dans des chansonniers, surtout français. Pour beaucoup, seuls nous sont parvenus les textes littéraires, mais d’autres comportent également la musique. On a d’ailleurs conservé des variantes nombreuses de certaines chansons, ce qui prouve leur grande diffusion dans le monde des pèlerins, comme en témoigne la romance « Quand nous partîmes de France ».
Les thèmes des chansons étaient variés.
En premier lieu, les chansons lyriques en l’honneur de l’Apôtre, dont on exalte les vertus, en particulier sa toute puissante intercession auprès du Christ.
Le second type est constitué par des récits de miracles de l’Apôtre en faveur de ses dévots. Ils sont en général racontés sous formes de romances, rédigés en plusieurs langues, sur des musiques différentes, outre les variantes de chaque mélodie.
En troisième lieu figurent les chansons consacrées au pèlerinage lui-même : la difficulté ou les dangers du trajet, le chemin parcouru, les sentiments des pèlerins pendant le voyage, ainsi que la ville même de Saint Jacques, l’adoration des reliques, etc.
Enfin, on trouve également des compositions musicales à caractère savant que composèrent des maîtres appartenant surtout à la Cathédrale de Saint Jacques (Guillaume d’Aquitaine au XIIème siècle, de nombreux italiens aux XVIème et XVIIème siècles : Pietro Cerone, Buono Chiodi, etc.)
Retraçons maintenant en musique le chemin de Compostelle au XVIIème siècle , de Strasbourg aux portes de St Jacques…